Et si le bonheur était dans le télétravail ?

Télétravail. Mot en 11 lettres qui fait beaucoup parler depuis le 17 mars 2020, début du premier confinement. Certaines entreprises ont pris le virage avec brio. C’est le cas de oui.sncf. Explications avec Nicolas Dasriaux, lead développeur chez Carbon IT.

Travail à distance, full remote, Zoom ou Microsoft Teams… Voilà plus d’un an que, pour enrayer l’épidémie de Covid-19, salariés et indépendants sont plus qu’incités à travailler de chez eux. Et c’est ainsi que les entreprises, en France comme partout dans le monde, ont enrichi leur vocabulaire. « Télétravailler » a d’ailleurs fait son entrée dans le Petit Robert 2021. La pratique, qui était jusqu’alors encore marginale, s’est généralisée, parfois à marche forcée. Selon une enquête CSA pour Malakoff Humanis publiée en février 2021, 31% des salariés travaillaient de chez eux fin 2020, avec une moyenne de 3,6 jours télétravaillés par semaine (contre 1,6 jours fin 2019). Les réticences ont dû être surmontées, des solutions trouvées, pour affronter ce défi. Voire mieux, en faire un atout.

L’union fait la force

Nicolas Dasriaux le reconnaît, le début du confinement, marqué par l’instauration du travail à distance, s’est accompagné de quelques craintes. « Une appréhension de perdre en efficacité, et en interactions. » Il n’en a rien été. Maintenir le lien social malgré la distance ? Pour les équipes de la factory marketing de oui.sncf, cela ne fut pas mission impossible. « Nous avons mis en place un travail en binôme, parfois en trinôme », détaille Nicolas. « Nous avons chaque jour des points de synchronisation. » Des Daily Scrum Meetings, réunions quotidiennes pour faciliter la communication, déjouer rapidement d’éventuels obstacles. « Les revues de code ont lieu avec un ou plusieurs membres d’autres binômes. » Pour partager les connaissances, l’équipe a adopté une autre bonne pratique : le changement régulier des paires. Et pour coder à plusieurs en simultané malgré la distance ? « Nous travaillons sur Microsoft Visual Studio Code avec Visual Studio Live Share, et plus récemment Jetbrains IntelliJ IDEA et PyCharm avec Code With Me. » Le développeur tout puissant, un mythe ? « Dans le domaine de la donnée, les compétences en jeu sont très variées, et difficiles à maîtriser totalement », répond Nicolas Dasriaux. « L’idéal du développeur omnipotent me semble particulièrement toxique dans un contexte de télétravail. Il encourage la division du travail et l’isolement de développeurs livrés à leur propre tâche, et en communication uniquement pour rendre compte. Cet idéal est aussi un risque parce qu’il empêche potentiellement chacun d’apprendre des autres. »

Une hausse de la productivité

Si les projets n’ont pas souffert du travail à distance imposé, c’est aussi grâce à une équipe très soudée. « Les ancrages entre personnes dans le monde réel ont permis une prolongation naturelle dans le monde virtuel. » Le pair programming, voire le mob programming, étaient des habitudes déjà bien ancrées. « Nous n’avons eu qu’à transférer ces pratiques existantes. La productivité en pair programming a même augmenté. » Dans les autres entreprises, le constat est le même. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le travail à distance aurait augmenté de 22% la productivité des salariés, lors des deux confinements. C’est le résultat d’une étude de l’Institut Sapiens, un groupe de réflexion. La réduction des « distractions », telles que les pauses autour de la machine à café, les déjeuners à rallonge, la réunionnite aigüe, ou le temps de trajet économisé entre le domicile et le lieu de travail sont avancés pour expliquer ces chiffres.

Le monde d’après

Quand le coronavirus ne sera plus qu’un lointain -et mauvais- souvenir, le télétravail sera-t-il, à nouveau, réduit comme peau de chagrin ? Ou aura-t-il, une fois pour toutes, gagné ses lettres de noblesse ? « Difficile de répondre à l’échelle nationale, c’est davantage une question d’équipe et de culture d’entreprise », avance Nicolas Dasriaux. « L’incapacité à télétravailler est une fragilité coupable pour une organisation, elle se révèle très pénalisante dans le contexte que nous connaissions », prévient-il. « Changer est une nécessité, attendre que ça se passe est une erreur. Il y a des gains au bout de l’effort d’adaptation. » Le 18 mars, le premier ministre Jean Castex formulait un vœu lors de sa traditionnelle conférence de presse : que les entreprises qui le peuvent passent à « quatre jours sur cinq » de télétravail. Ce mode de travail n’est donc pas fini. En tout cas pas dans un futur proche. Faut-il pour autant faire le deuil du bureau ? Non, fort heureusement ! D’abord parce que le travail à distance n’a pas que des avantages. Il brouille les frontières entre vie privée et vie professionnelle, peut entraîner déprime ou burn out. Comme pour toute chose, l’abus peut être nuisible. La solution sera sans doute à chercher dans un équilibre entre classique vie de bureau et télétravail. Les salariés ne s’y sont pas trompés. Ils se disent globalement satisfaits du télétravail, lui attribuant la note de 7,2/10 en décembre 2020 (étude Malakoff Humanis). Pour plus de la moitié des télétravailleurs, la semaine idéale inclurait une à trois journées de télétravail par semaine. L’avenir ? Plutôt que le télétravail à 100%, une formule hybride, et à la carte.

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